Retour au blog

Données & ERP15 octobre 2026

Intégration ERP : ce que nous avons appris en faisant remonter les données du terrain jusqu’à l’ERP

Le premier jour, on vous demande trois rapports ; au troisième mois, quinze. Un cahier des charges, le réseau local de l’usine, les règles de sécurité de l’équipe IT et un logiciel qui doit tourner 24h/24, 7j/7 : voici comment nous construisons une intégration ERP, et où le terrain nous a donné le plus de fil à retordre.

L’équipe d’ingénierie Simbiosis9 min de lecture

Capteurcellule de peséePLC / IPCrelève, horodateRéseau localaccès IT{ }MiddlewareREST APIERPordre de fab.12,410 kg14:02:17accès ✓seau 3 · 12,410 kg→ OF 4471 · 0,38 kgOF 4471 · RAL5015 · 0,38 kg · coût dans l’ERP ✓
01/05Capteur

Une demande d’intégration ERP commence en général innocemment : « Il suffit que les quantités produites remontent dans l’ERP. » À la fin de la réunion, la liste s’est allongée : les causes d’arrêt aussi, les rebuts aussi, le rapport de poste aussi, et puis ce serait bien de tout voir sur le téléphone. Ce n’est pas un mal : dès qu’une usine commence à voir ses données, il est naturel qu’elle en veuille davantage. Le problème, c’est quand on essaie de glisser ces demandes au milieu d’un projet dont le prix et le planning sont déjà fixés.

Ce qui suit, nous l’avons appris sur les projets où nous faisons remonter les données du terrain vers l’ERP. Comme sur celui où nous imputons la consommation de peinture à l’ordre de fabrication (OF), au gramme près, nous nous sommes posé à chaque fois les mêmes questions.

01

Cahier des charges : la moitié du travail se fait avant la première ligne de code

Les premières demandes sont toujours rudimentaires ; viennent ensuite les « il faudrait aussi ceci, et aussi cela ». Nous n’essayons pas de l’empêcher, nous le consignons. Le cahier des charges doit préciser, point par point, quelle donnée, de quelle source, à quelle fréquence, et dans quel champ de l’ERP elle sera écrite. Ce qui est dans le périmètre, mais aussi ce qui n’y est pas. Nous n’allons pas sur site tant que ce qui peut être fait n’a pas été planifié très précisément et validé de part et d’autre.

Comment le périmètre dérive, et comment le cahier des charges le retient

01 / 04

La première demande

Faire remonter les quantités produites dans l’ERP. Un travail clair, mesurable, chiffrable.

02 / 04

La liste s’allonge

Causes d’arrêt, rebuts, rapport de poste, écran mobile, stock. Tout est raisonnable ; rien n’est écrit, rien n’est chiffré.

03 / 04

Le cahier des charges

Chaque demande est écrite avec sa source de données, sa fréquence et son champ ERP. Ce qui est écrit fait partie du périmètre, le reste non.

04 / 04

Phase 2

Les demandes hors périmètre ne se perdent pas. Elles passent dans une deuxième phase, avec une offre séparée ; la première phase se termine dans les délais.

02

L’ERP vit sur le réseau local de l’usine, et c’est l’équipe IT qui a les clés

L’ERP est le plus souvent un système qui tourne sur le réseau local de l’usine, et l’équipe IT du site fait passer chaque logiciel qui y touche par des procédures de sécurité bien définies. C’est pourquoi nous tenons la première réunion technique de l’intégration non pas avec le consultant ERP, mais avec l’équipe IT : sur quel serveur, par quel port, avec quel utilisateur et quels droits allons-nous nous connecter ?

Le transfert vers un tableau de bord ou vers l’ERP passe le plus souvent par une API REST, au sein du même réseau local ; c’est l’équipe IT qui accorde les autorisations. Dans certains grands groupes, les protocoles de sécurité sont très stricts : ports fermés, droits utilisateur restreints, un antivirus qui bloque des services sans rien dire, des mises à jour en attente de validation. Même le fait que votre machine tourne sous Linux ou sous Windows pose des problèmes différents. Avant d’aller sur site, nous passons cette liste en revue avec l’équipe IT :

  • Quel serveur, quel port, quelle voie : API REST, base de données ou transfert de fichiers ?
  • Qui détient le compte de service, avec quels droits ; quand et par qui son mot de passe sera-t-il renouvelé ?
  • Sur quelle machine tournera le middleware : Linux, Windows ou machine virtuelle ?
  • L’antivirus, le pare-feu et la politique de mises à jour vont-ils affecter le service ?
  • Existe-t-il un environnement de test, ou écrirons-nous directement dans l’ERP de production ?
  • Y aura-t-il un accès à distance pour l’installation et la maintenance, ou tout se fera-t-il sur site ?
03

Récupérer les données du terrain est un projet à part

Extraire des données d’une machine de l’usine est un projet indépendant de l’écriture dans l’ERP, et il est chiffré séparément. Si la donnée existe dans le contrôleur de la machine, on la lit via l’automate ; sinon, on ajoute des capteurs adaptés à l’application : cellule de pesage, compteur, codeur, courant, température. Chaque capteur a son propre protocole de communication, et c’est un automate ou un PC industriel qui collecte ces données. Choisir le bon matériel, c’est le cœur du métier : un capteur plus précis que nécessaire mange le budget, un capteur insuffisant mange la donnée.

Le chemin des données, du terrain à l’ERP

01 / 05

Capteur

La donnée naît sur le terrain : une cellule de pesage, un compteur, un codeur. Chacun a son propre protocole de communication.

02 / 05

Automate ou PC industriel

La couche qui collecte les données des capteurs, les horodate et les met en mémoire tampon. C’est ici que l’on choisit le bon matériel pour l’application.

03 / 05

Réseau usine et IT

La donnée transite par le réseau local de l’usine. L’équipe IT attribue le port, l’utilisateur et les droits ; c’est ici que vous rencontrez les protocoles stricts.

04 / 05

Middleware et API REST

C’est ici que la langue du terrain est traduite dans celle de l’ERP : l’enregistrement « seau 3, 12.410 kg » devient « OF 4471, 0,38 kg ».

05 / 05

ERP

L’enregistrement arrive dans l’ERP sous la forme et au moment où celui-ci l’attend. Dès que l’ordre de fabrication est clôturé, le coût est disponible.

04

Lisons-nous seulement, ou pilotons-nous la machine ?

C’est la question la plus importante à poser. Si nous ne faisons que lire les données, le logiciel est un observateur posté à côté de la machine ; même s’il s’arrête, la production continue. Mais si le logiciel intervient dans la logique de fonctionnement de la machine (il envoie une recette, lance un ordre de fabrication, lève un verrouillage), il fait désormais partie de la production. Les scénarios de défaillance, la sécurité et le périmètre des tests changent alors complètement d’échelle.

Lecture seule

  • Les données circulent dans un seul sens, de la machine vers l’ERP
  • Si le logiciel s’arrête, la production continue ; les données arrivent en retard
  • Risque faible, périmètre de test restreint

Partie intégrante du process

  • Le logiciel envoie aussi des commandes à la machine
  • Si le logiciel s’arrête, la ligne est touchée
  • Scénarios de défaillance, sécurité et essais de réception approfondis

Les deux ne doivent pas faire l’objet de la même offre. Nous posons clairement la question au client dès le premier rendez-vous, et nous inscrivons la réponse dans le cahier des charges.

05

Un logiciel industriel tourne 24h/24, 7j/7. Les imprévus aussi.

Un logiciel de bureau s’éteint à la fin de la journée ; un logiciel de terrain n’a pas ce luxe. La communication avec un équipement se coupe, le serveur ERP part en maintenance, un switch redémarre, un capteur envoie une valeur absurde. Tous ces scénarios doivent être pensés dès le départ : les données doivent être mises en tampon sans perte, envoyées dans l’ordre au retour de la connexion, et aucun enregistrement ne doit être écrit deux fois.

Quand la connexion tombe

01 / 04

Flux normal

Les données arrivent du terrain dans l’ERP en quelques secondes.

02 / 04

Connexion perdue

Le réseau ou le serveur ERP ne répond plus. Le middleware ne perd pas les données : il les met en tampon localement.

03 / 04

L’alerte part

Vers la personne désignée par l’entreprise, par le canal qu’elle a choisi : e-mail, SMS ou alerte sur le tableau de bord.

04 / 04

Connexion rétablie

Les enregistrements en tampon sont envoyés dans l’ordre, sans doublon. Aucune mesure n’a été perdue.

Quand quelque chose tourne mal, l’alerte doit elle aussi partir comme l’entreprise le souhaite : un e-mail pour les uns, un SMS pour d’autres, une ligne rouge sur le tableau de bord pour d’autres encore. Sur le terrain, la réponse « Il y a eu une erreur, on l’a écrite dans les logs » ne veut rien dire : personne ne lit ces logs.

06

Pesez ce que l’entreprise attend vraiment

Toutes les entreprises ne veulent pas la même intégration. Certaines veulent simplement ne plus saisir à la main le rapport de fin de mois, d’autres suivre la production en temps réel, d’autres encore piloter la machine par l’ordre de fabrication. Côté logiciel, les options sont nombreuses ; le projet prend la forme du client. Nous commençons par évaluer le besoin global de l’entreprise, puis nous choisissons l’architecture en conséquence. Une intégration qui démarre petit et grandit est presque toujours plus saine qu’une intégration qui veut tout faire dès le premier jour.

Écran affichant la consommation de peinture par ordre de fabrication
Extrait du projet de consommation de peinture : chaque gramme est imputé à l’ordre de fabrication ouvert dans la cabine, et part vers l’ERP sous cette forme.
Dans une intégration ERP, la ligne la plus chère est celle qui n’a pas été écrite dans le cahier des charges.

Si vous préparez une intégration ERP, nous vous poserons trois questions dès le premier rendez-vous : quelle décision cette donnée va-t-elle alimenter, où se trouve-t-elle aujourd’hui sur le terrain, et avec qui devons-nous parler dans votre équipe IT ? Avec ces trois réponses, nous pouvons préciser le périmètre et l’offre.

Suivi de la consommation de peinture et intégration ERP

Le projet à l’origine de cet article

Suivi de la consommation de peinture et intégration ERP

Hawle Özkan

Voir le projet

Vous faites face à un problème similaire ?

Ce que nous écrivons vient de ce que nous voyons sur le terrain. Parlez-nous de votre ligne : voyons ensemble par où commencer.

Nous contacter